Le Savon de Marseille

Quand on dit savon de Marseille, on pense pastis, le Midi, la Provence et les cigales ; hélas la partie émergée de l’iceberg savon de Marseille n’est pas reluisante, car une très grosse majorité des savons de Marseille vendus dans le monde ne viennent pas de Marseille, mais plutôt de contrées lointaines (Turquie, Tunisie, Pologne)  et aussi  de l’empire du milieu en France l’un des plus gros producteur n’est pas Marseillais. Le tout inondant le marché avec l’appellation véritable savon de Marseille et notamment avec des composants de fabrication quelques fois très douteux. Car l’appellation et le nom savon de Marseille n’ont pas été déposés ce qui fait que n’importe qui peut fabriquer du savon de Marseille sans avoir de compte à rendre sur l’ authenticité d’une recette ou d’un terroir

Mais il reste heureusement encore quelques savonniers marseillais authentiques 

– Marius Fabre

https://www.marius-fabre.com/fr

– La savonnerie du Midi (la corvette) 

Accueil

– Le sérail

http://www.savon-leserail.com/

– Le fer à cheval

http://www.savon-de-marseille-boutique.com/fr/

Ces quatre savonniers perpétuent la fabrication authentique et traditionnelle du savon de Marseille en respectant le cahier des charges, 72 % de matière grasse végétale et de la soude, le tout cuit au chaudron. Ils ont réussi à sauvegarder leur savoir-faire en ayant mis en place un label IGP (Indication Géographique Protégée).

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De plus, un vrai savon de Marseille de ménage n’est ni parfumé ni coloré.

Les faux savons dits de Marseille souvent vous vendent du terroir d’opérette sous des noms accrocheurs, ils ne sont ni plus ni moins que des fabrications très industrielles profitant du vide d’appellation. Donc attention aux pièges à touristes sur les marchés.

En bref, vous en tant que consommateurs avisés, à vous de jouer et de discerner le vrai du faux

Un peu d’histoire :

Le savon de Marseille apparait officiellement à la fin du 17ᵉ siècle avec un édit de Colbert. La légende raconte que son origine remonterait aux croisades, en effet les croisés de retour de Terre sainte avaient dans leurs bagages un savon venu d’Orient, le « «savon d’Alep» » qui d’ailleurs initialement n’est pas originaire d’Alep, mais de Tripoli, une ville au Liban. Ils avaient oublié une chose importante, il manquait la recette originale,  les marseillais essayèrent de copier la recette du savon oriental avec les produits locaux, voici comment naquit le savon de Marseille.

Ce savon fut un véritable succès au fil des ans la production provençale eu du mal à assurer la demande le petit cube de savon fit le tour du monde de l’Europe en passant aussi dans les bagages des explorateurs et des voyageurs ce qui permit au savon de Marseille de s’implanter dans toutes les colonies.

Au 18ᵉ siècle, la ville de Marseille comptait sept fabriques de savons pour une production annuelle de 20 000 tonnes, Au 19ᵉ siècle la production explose avec 75 000 tonnes de savon et une quarantaine de savonneries.  Le savon de Marseille était alors vendu en barre de 5 kg ou pain de 20 kg.

Après la Seconde Guerre mondiale, les grosses marques de savons américaines arrivent massivement en Europe en promettant un linge éclatant sans  effort avec un déploiement de lessive en poudre prêtes à l’emploi ; le savon de Marseille a eu du mal à résister à cette vague lessivière car le plus gros de ses vente était pour le lavage du linge depuis les ventes ne firent que décliner.

Mais de nos jours, la recherche de produits naturels et sains redonnent au savon de Marseille ses lettres de noblesse parce qu’il est simple et sans additifs chimiques mauvais pour l’environnement et la santé.

Mais comment lire les étiquettes pour savoir si l’on a un « bon » savon de Marseille, la charte traditionnelle de 72 % d’huile végétale est quelques fois pas trop respectées. Un savon de qualité ne doit pas comporter dans sa composition pléthore de composants.

La composition du savon de Marseille ne doit mentionner que sodium palmate (huile de palme saponifiée), du cocoate de sodium (huile de coprah, ou noix de coco, saponifiée), du sodium palm kernelate (huile de noyau de palme saponifiée) ou encore du sodium olivate (huile d’olive saponifiée). Toutes ces huiles sont d’origine végétale. Pas de colorants, pas de parfums et autres additifs si la liste des ingrédients est longue comme le bras avec des produits bien chimiques comme des agents moussant type EDTA, etc … Fuyez-vous êtes loin de la recette originale.

Comme cité plus haut, les provenances du savon peuvent être multiples et certains fabricants peuvent inclure dans les savons « bas de gamme » des graisses animales (tallowate de sodium).

Ce petit cube peut au quotidien remplir plusieurs missions comme  être votre savon de toilette, il peut aussi vous dépanner si vous n’avez plus de liquide vaisselle, et pour le lavage à la main il ne prend pas de place en vacances. Il est aussi un excellent détachant avant lavage, pour cela il suffit de mouiller la tache et passer le savon humide sur celle-ci puis de passer le linge en machine avec votre lessive habituelle.

Pour le lavage en machine, voici une recette simple  :

Il vous faut tout d’abord trouver un emballage de lessive liquide vide que vous allez recycler : 

Il vous faudra

– Un demi-litre d’eau très chaude (limite bouillante)

–  Une trentaine de grammes de savon de Marseille en paillettes, si vous n’avez pas de savon en paillettes vous pouvez râper un savon de Marseille.

– Une demi cuillère à café de vinaigre (le dosage en vinaigre doit être léger, car en plus grande quantité, il est annulé par le bicarbonate, il est un juste une aide pour la dilution du savon)

– Une demi cuillère à soupe de bicarbonate de soude.

— Huiles essentielles suivant les goûts (je ne suis pas fan, l’odeur du savon de Marseille me suffit)  trois à quatre gouttes.

Mélanger le tout avec énergie dans le flacon de lessive vide que maintenant, vous êtes en train de recycler.

Votre super lessive au cours des jours va peut-être se mettre à figer, point d’angoisse, il suffit de faire comme une célèbre boisson à l’orange, la secouer quelques secondes pour fluidifier le tout.

Les artistes peintres utilisent aussi le savon de Marseille pour finir le nettoyage de leurs pinceaux et couteaux à peindre après passage dans les solvants.